Primes, applis et cliniques : comment la Chine répond à un surpoids qui touche plus de la moitié des adultes
Plus de la moitié des adultes chinois étaient en surpoids en 2025 ; primes en espèces, applications ludiques et cliniques spécialisées se multiplient pour freiner la progression.
La campagne a réuni plus de 3 millions de participants, qui ont perdu au total plus de 320 000 kilogrammes ; 13 % d’entre eux sont revenus à un indice de masse corporelle dans la fourchette considérée comme normale.
Les primes en argent montrent un changement dans la manière dont la Chine répond au surpoids. Des campagnes comme Happy Weight Loss demandent aux participants d’effectuer chaque jour des exercices, des pesées, des relevés caloriques et des photos de repas, en échange de primes. La campagne a réuni plus de 3 millions de participants, qui ont perdu au total plus de 320 000 kilogrammes ; 13 % d’entre eux sont revenus à un indice de masse corporelle dans la fourchette considérée comme normale.
Des applications de santé font du poids un défi collectif. En juin, l’application AQ a lancé un programme visant une perte cumulée de 50 millions de jin (50 millions de kilogrammes). Elle a proposé des balances connectées à prix réduit et une cagnotte de 100 000 yuans, répartie après 21 jours de pesées validées. Pour Wei, 29 ans, la mécanique a changé sa motivation : tâches quotidiennes, suivi et récompenses rendent l’effort plus régulier et plus ludique.
Les cliniques et services professionnels complètent l’offre. D’après les directives officielles, plus de 5 500 hôpitaux et centres de santé ont ouvert des cliniques de gestion du poids, avec nutritionnistes, endocrinologues et praticiens de médecine traditionnelle. La demande a bondi. À la clinique de la docteure Deng, le nombre de patients par séance a été multiplié par quatre au cours de la dernière décennie. Deng indique avoir suivi plus de 6 000 patients depuis 2013. Les prises en charge vont du conseil alimentaire à des plans d’exercice, parfois avec recours temporaire à des substituts de repas ou à des médicaments, que Deng aborde avec prudence.
Le surpoids a augmenté avec de profondes transformations sociales : urbanisation rapide, emplois moins physiques, recours massif aux plats préparés et aux livraisons. Les statistiques officielles montrent que le taux d’obésité adulte est passé de 20 % en 1992 à plus de 50 % en 2025, tandis que la part d’urbains est passée de 27 % à près de 68 % sur la même période. Le coût économique du surpoids et de l’obésité a dépassé 1 000 milliards de yuans en 2025 et pourrait croître de 30 % d’ici 2035 sans mesures efficaces.
Les autorités multiplient les initiatives pour rendre l’environnement plus favorable. L’Action pour une gestion du poids saine doit créer des structures de soutien d’ici 2030. À partir de 2027, les règles d’étiquetage nutritionnel exigeront l’indication des graisses saturées et du sucre sur les emballages. Au niveau local, provinces et villes testent cours collectifs, boot camps et programmes gratuits soutenus par des institutions médicales. Pour Deng, un point reste central : beaucoup consomment des quantités caloriques élevées sans s’en rendre compte, en partie à cause des huiles de cuisson abondamment utilisées. Elle réclame des normes et une formation pour la restauration, plus de services nutritionnels communautaires et des options de prise en charge abordables.
Chiffres clés
Questions fréquentes
Quelles incitations financières existent pour perdre du poids en Chine ?
Des campagnes comme Happy Weight Loss offrent des prix en argent et des applications comme AQ proposent une cagnotte de 100 000 yuans après 21 jours de vérifications de poids.
Quelle est l’ampleur du surpoids en Chine aujourd’hui ?
Plus de la moitié des adultes chinois étaient en surpoids en 2025, et la part pourrait dépasser 70 % d’ici 2030 sans intervention.
Quel rôle jouent les cliniques de gestion du poids ?
Plus de 5 500 hôpitaux et centres de santé ont créé des cliniques dédiées proposant conseils diététiques, plans d’exercice et traitements personnalisés.
Quelles mesures réglementaires sont prévues à court terme ?
À partir de 2027, les aliments emballés devront déclarer leur teneur en graisses saturées et en sucre dans le cadre de règles révisées d’étiquetage nutritionnel.
Source : The World of Chinese