Le Pakistan envoie Jinnah 1 vers le pôle Sud lunaire en 2029 avec la Chine
Le Pakistan enverra son premier rover indigène, Jinnah 1, au pôle Sud lunaire en 2029, embarqué sur la mission chinoise Chang’e 8.
La mission réaffirme la position officielle du Pakistan d’explorer les corps célestes à des fins pacifiques et de s’abstenir de toute action pouvant militariser l’espace.
Le rover pakistanais Jinnah 1 doit partir vers le pôle Sud lunaire en 2029 à bord de Chang’e 8. Conçu pour étudier la géologie du site, il embarquera une caméra panoramique, un radar pénétrant le sol, un instrument de spectroscopie infrarouge et un système de prélèvement visant aussi à séparer et stocker les gaz nobles présents dans les échantillons.
Un rover léger et ciblé Jinnah 1 est un engin compact d’environ 35 kg, dont le coût est estimé à 400 millions de roupies, soit environ 1,4 million de dollars. Sa conception privilégie des mesures et des expériences précises plutôt que des traversées étendues. L’équipe attend du rover des relevés de terrain et des analyses qui serviront les recherches lunaires à venir.
Pourquoi le pôle Sud Le pôle Sud attire plusieurs états pour ses réserves de glace encore peu connues, qui pourraient fournir de l’eau potable et, après transformation, de l’hydrogène utilisable comme carburant pour des missions lointaines. La présence de crêtes élevées rend aussi la zone propice à la production d’énergie solaire et à l’implantation d’infrastructures durables sur la Lune.
Rivalité et symbole Choisir le même secteur que Chandrayaan 3 n’est pas neutre. L’atterrissage indien en août 2023 a fait de l’Inde le quatrième pays à réussir un atterrissage en douceur sur la Lune et le premier près du pôle Sud. Le nom Jinnah 1, qui renvoie au fondateur du Pakistan, est mis en regard de l’accomplissement indien lié à Vikram Sarabhai. La compétition entre New Delhi et Islamabad gagne un nouveau théâtre.
Coopération et ambitions nationales La mission confirme aussi l’intensification de la coopération spatiale entre le Pakistan et la Chine. Pékin a lancé plusieurs satellites pakistanais ces deux dernières années, y compris le satellite lunaire ICUBE-Q et divers satellites électro-optiques. Deux astronautes pakistanais ont passé des évaluations avancées en Chine plus tôt cette année, et l’un d’eux devrait se rendre à la station Tiangong dans le courant de l’année. En juillet 2026, un ministre pakistanais a rencontré des entreprises aérospatiales à Houston pour discuter d’une coopération accrue avec la NASA.
Pour Islamabad, le spatial dépasse la simple exploration. Les données et technologies spatiales peuvent aider à surveiller et à répondre aux effets du changement climatique, un enjeu majeur pour le pays qui émet moins de 1 % des gaz à effet de serre mondiaux.
La mission réaffirme la position officielle du Pakistan d’explorer les corps célestes à des fins pacifiques et de s’abstenir de toute action pouvant militariser l’espace.
Chiffres clés
Questions fréquentes
Que doit faire Jinnah 1 sur la Lune ?
Jinnah 1 doit explorer et étudier les caractéristiques géologiques de la surface lunaire et conduire des expériences clés pour la recherche future.
Pourquoi le Pakistan cible-t-il le pôle Sud lunaire ?
Le pôle Sud est ciblé pour ses vastes réserves de glace, potentiellement utilisables comme eau potable et carburant, et pour ses crêtes favorables à l’énergie solaire.
Quel lien existe-t-il entre le Pakistan et la Chine dans le spatial ?
La coopération inclut le lancement par la Chine de plusieurs satellites pakistanais au cours des deux dernières années et la formation d’astronautes pakistanais en Chine.
La mission vise-t-elle des objectifs militaires ou de revendication des ressources ?
La mission réaffirme la position officielle du Pakistan d’explorer les corps célestes à des fins pacifiques et de s’abstenir de toute action pouvant militariser l’espace.
Source : The Diplomat